c'est ce soir à 18h les résultats ! je strrrreeeessss ! je viendrai vous donner le résultat.

en fait ici je ne sais plus si je l ai dit ou pas mais le système est compliqué. Pour passer dans l année supérieure il faut :
12 de moyenne au minimum
10/20 minimum pour chaque matière
on a quand même le droit à 4 points d échec en tout. par exemple un 8/20 et deux 9/20 ou un 7/20 et un 9/20 etc...
aucune note en dessous de 6/20

bon pour le 12 de moyenne je pense que ça sera bon.
c'est pour le 10/20 que je me fais du soucis. Je pense m'être bien ramassée en bactériologie.
Ce cours c est une immondice ! c est interessant je dis pas le contraire ( surtout pour comprendre Dr House... ) mais le soucis c'est que c est un pavé et que j avais pas assez de jours pour réviser cette matière. En plus elle fait un QCM à point négatif. Elle a dit elle même que chaque année 80% des étudiants sont en échec pour cette matière. Je pense que je vais avoir 7 ou 8. J ai eu pas mal de bonnes réponses mais j ai aussi répondu des anneries donc ça descend vite.
On verra ça ce soir.

bon je reprends au stage maternité.

Donc équipe sympa, bon souvenir, mais je ne pourrai jamais travailler dans un endroit comme ça.
Pendant ce stage on avait aussi un rapport à faire, mais pas sur un patient. Un truc un peu particulier où on devait répondre à des questions du genre : pour vous c est quoi une sage femme, pourquoi vous avez voulu devenir sage femme, ce stage vous conforte t il dans votre choix ? quel est votre meilleur moment du stage ? le pire etc...

je vais vous mettre quelques unes de mes réponses, pas tout car c était long.
Mes réponses sont parfois adaptées aux attentes de l école, je ne peux pas non plus me mettre les profs à dos, mais j ai essayé d etre honnête.

Ai-je ressenti des moments intenses tant physiques que verbaux ?
Il arrivait fréquemment que plusieurs sonnettes se déclenchent en même temps et j’aurai aimé pouvoir me dédoubler physiquement, mais je ne traduirai pas cela par le mot intense.
Par contre j’ai vécu un moment d’une grande intensité en guidant une maman dans la mise au sein de son nouveau-né. Cette mère pensait ne pas pouvoir allaiter et elle en pleurait : “ j’ai les bouts de sein trop courts et, dans ma famille, ni ma mère ni ma grand mère n’ ont réussi à allaiter” . De plus son bébé somnolait en raison d’un ictère, cette maman était très inquiète. Il est notable de souligner qu’au fond du berceau étaient entreposés des compléments de lait artificiel gracieusement offerts par une auxiliaire de puériculture “ au cas où ”.
J’ai pris le temps de discuter avec cette maman, nous avons échangé sur son désir d’allaiter, sur sa peur de reproduire l’échec familial. Je lui ai alors rappelé comment prendre son bébé tout contre elle,  lui conseillant de retirer toutes les couches de vêtements qui les séparaient. J’ai tiré les rideaux, mère et enfant se sont “apprivoisés” J’’ai fermé la porte et indiqué à des visiteurs qui arrivaient  que ce n’était pas le moment d’entrer.
Quand j’ai retrouvé cette maman on ne voyait plus de traces de larmes mais un grand sourire. Son bébé dormait dans ses bras, l’air repus et elle m’a dit “ je crois que je n’aurai pas besoin des compléments aujourd’hui, ça a marché ! ” Cela a été intense car je n’étais pas étrangère à ce début d’allaitement.

Ai-je ressenti un sentiment de malaise envers une maman, un papa, un bébé ou une Sage-femme?
Un matin entrant dans une chambre prendre la tension d’une maman, j’ai découvert au travers du berceau translucide son bébé âgé de 2 jours seulement qui pleurait, ses cris s’entendaient dans le couloir.
Pour autant la mère ne semblait pas s’en soucier toute occupée à prendre son petit-déjeûner et à regarder “son feuilleton”  télévisé.
A ma question rituelle “ Comment c’est passé votre nuit ? ” elle me répond “ Très bien, ils ont gardé Sarah à la pouponnière et j’ai pu dormir”. Je lui demande pourquoi sa fille pleure autant, suggérant que cela pourrait être un bon moment pour la mettre au sein. Elle réfute alors mon propos : “Elle a déjà tété quand ils me l’ont ramenée ce matin, maintenant il faut qu’elle me laisse tranquille, elle doit s’habituer à ne pas être dans les bras ! Elle commence à être capricieuse !”. Elle m’ explique avoir procédé ainsi avec son premier enfant “ pour ne pas lui donner de mauvaises habitudes ”.
J’ai tenté de lui faire comprendre que sa fille venait de passer 9 mois en contact avec elle, bercée dans son ventre et qu’elle vivait une séparation soudaine et brutale; le terme capricieux étant impropre à un enfant de 2 jours. La mère a persité dans son choix, le bébé pleurait toujours autant; alors que je n’avais qu’une envie la prendre dans mes bras, je suis sortie.

Ce qui m’a semblé le plus difficile :
J’ai trouvé difficile de passer d’une chambre à l’autre, d’une tranche de vie  à une autre sans pouvoir m’attarder plus avec chaque mère. J’envisage le métier de Sage-femme comme un accompagnement global de la conception au suivi post-partum. J’ai eu souvent l’impression de rentrer dans une histoire sans la connaître, parfois sans y être invitée.
Les accouchements m’ont paru très médicalisés, laissant peu de place à la parturiente ( positions, projet alternatif à la péridurale, accueil du nouveau-né )
Ill me faut également avouer que  les ciseaux des épisiotomies, la chaire coupée  ont imprégné ma mémoire.
Mes ressentis voire mes convictions ont été parfois mises à mal par les protocoles et usages en cours dans l’établissement. J’ai su toutefois taire ces ressentis.

Ce qui m’a semblé le plus beau moment :
Au delà des situations précédemment décrites à savoir  la rencontre d’un père avec son nouveau-né suite à une césarienne et le sourire de la nouvelle maman réussisant, à son propre étonnement l’ allaitement de  son bébé, j’ai gardé beaucoup d’autres jolies images en tête. Je souhaite tout particulièrement mettre en avant l’une d’elle.

Elle s’appelle Mathilde, elle et son compagnon attendent leur premier enfant. Quand je rentre dans la salle d’accouchement,  la future maman est souriante, sa péridurale fonctionne  sans la couper de ses sensations, effet qu’elle craignait. Je l’avais déjà rencontrée un peu plus tôt dans la matinée en consultation où elle s’était présentée pour fissure de la poche des eaux. Nous échangeons sur les évenements passés depuis son admission en salle d’accouchement , et l’atmosphère m ‘apparaît  tellement étrange : un bébé est entrain de naître et seules les vagues du monitoring sont en mouvement !
Soudain Mathilde nous interpelle, elle sent “ que ça pousse ”.  Effectivement le moment de la naissance est imminent. Regard complice avec le futur père, la future maman est installée en position d’expulsion.
Une contraction arrive, elle pousse se remémorant les cours d’accouchement. Une seconde, une troisème, les fameuses contractions s’enchaînent, laissant juste un peu de répis entre chacune d’elles.  Pour  la jeune femme, le temps est long, elle s’épuise, assure ne pouvoir  “y arriver,” dit  vouloir arrêter !  Elle pleure, on lit la douleur et la fatigue sur son visage., des faits tellement contrastants avec la jeune femme paisible rencontrée un peu plus tôt.
Et puis un nouveau souffle, des encouragements alliés sans doute à la perspective non souhaitée des forceps alors évoqués par la Sage-femme ... le bébé apparaît par une petite mèche de cheveux.
Je suis là,  au premier plan,  cette fois le bébé ne recule plus ! La maman est épuisée mais donne ses dernières forces. Sous mes yeux le visage de son enfant se démoule, d’abord le front, puis le nez, la tête est dehors. Espace entre deux mondes, un peu ici, encore là bas. La mère annonce de nouveau sa démission, mais une nouvelle contraction assez distante  l’oblige à sortir les épaules du bébé et c’est tout son corps que je vois glisser. Cette dernière action s’est passée si vite que j’ai du mal à la resituer. La douleur s’est échappée du corps de la mère faisant désormais place à un enthousiasme interrogatif:  Elle est née ? Ca y est, elle est née ! Oui Charlotte est née, j’ai vu cet instant magique passerelle  d’une forme de vie à une autre.
Je suis certaine de ne jamais me lasser de cette magie !

Mon choix professionnel est-il confirmé, ou mis en doute par ce stage ?
Mon choix professionnel est mûrement réfléchi. Etre Sage-femme hospitalière n’est pas ma vocation, ce stage me l’a confirmé. J’ai cependant découvert des facettes de ce métier dont je ne mesurais pas l’intensité et ma représentation s’en trouve, de fait, bien adoucie.
Je désire continuer ma formation et pouvoir travailler dans le cadre d’une maison de naissance me permettant de proposer un accompagnement global aux parents serait mon idéal.
A ce titre, j’espère avoir la possibilité, durant mes études,  de faire un stage auprès d’une Sage-femme libérale proposant cet accompagnement global.
Mon voeu c’est de professer par passion mais je suis en capacité d’assumer un travail parfois parsemé de compromis et de contraintes.
Mon ambition : me donner les moyens de réussir ma vocation projet.

voilà, merci à celles qui ont lu jusqu au bout !